Selon un sondage sur le climat, les gouvernants doivent réguler l’économie

Photo officielle de la Convention Citoyenne pour le climat
Les 150 membres de la Convention Citoyenne pour le climat

Réunis en visioconférence les 3 et 4 avril derniers pour une session de travail, les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat devaient répondre à une question : « Pouvons-nous contribuer utilement à l’élaboration d’un plan de sortie de crise du coronavirus ? Si oui, comment ? » Et la réponse a fait débat : « De quoi se mêle-t-on ? Cette session hors Convention n’est pas dans notre mandat », a-t-on pu entendre au cours des échanges. « Tâchons d’être utiles et d’être à la hauteur. Si nous ne présentons pas nos mesures, ce sont les industriels et les banques qui auront la main sur la sortie de crise. »

visio conférence climat

les industriels et les banques ? Pas rassurant. Alors que la Convention citoyenne pour le climat doit présenter le week-end prochain ses propositions pour lutter contre le réchauffement climatique, une enquête de l’institut BVA pour l’ONG de protection de l’environnement Greenpeace France (enquête réalisée en ligne entre le 27 mai et le 1er juin auprès d’un échantillon représentatif de 1.003 Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.) annonce que le système économique actuel n’est pas « compatible » avec la lutte contre le réchauffement climatique. Le pouvoir politique doit donc faire en sorte que les entreprises y participent, au besoin par la contrainte.

Pour 52 % des répondants, le « système économique capitaliste » n’est « pas du tout » (24 %) ou « plutôt pas » (28 %) « compatible avec la lutte contre le réchauffement climatique ». Pour 88 %, « les responsables politiques doivent obliger les entreprises à émettre moins de gaz à effet de serre ». Ainsi, 35 % citent en premier « les États » (et 57 % des répondants au total) comme devant « agir en priorité pour assurer une transition énergétique limitant le changement climatique », devant les entreprises multinationales (21 % en premier, 46 % au total) et « les citoyens » (14 % et 30 %).

Interrogés sur des mesures possibles, 86 % se disent « tout à fait (47 %) ou « plutôt » (39 %) favorables à « interdire le versement de dividendes aux entreprises qui n’auraient pas réduit leurs émissions de gaz à effet de serre pour respecter les objectifs de l’accord de Paris ». 70 % veulent un renforcement des pouvoirs et de l’action de l’UE et 65 % souhaitent « interdire la publicité aux marques contribuant au changement climatique ».

Si 77 % se disent pour la suppression des lignes aériennes intérieures lorsqu’il existe des alternatives en train à moins de 3 heures (le gouvernement a demandé moins de 2h30 pour le plan d’aide à Air France), voire moins de 6 heures (58 %), seuls 48 % sont pour la suppression de toute aide ou prime pour l’achat de véhicules SUV, même électriques (mais 15 % ne se prononcent pas).

En matière d’alimentation, 91 % sont pour « rendre l’alimentation bio accessible à tous en matière de prix ». 91 % également sont favorables au développement rapide d’une agriculture locale et écologique, alors que la popularité des circuits courts a explosé à l’occasion de la crise du Covid. Qui a dit que les français ne savaient pas réfléchir ?

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.