Maud Lelièvre, au cœur de la Journée Mondiale de l’état d’urgence environnementale et climatique

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Maud Lelièvre est déléguée générale de l’association Les Eco Maires, association internationale des maires et des élus locaux pour l’environnement et vice-présidente du comité français de l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN). Elle fait partie des personnalités engagées dans le collectif Act Now initié par Magà Ettori, pour obtenir des Nations Unies la création d’une journée mondiale de l’état d’urgence environnementale.

Qu’est-ce que le collectif  Act Now et où en est-il aujourd’hui ?

Le collectif ACT NOW[1] a été créé par le cinéaste Magà Ettori, il regroupe 350 personnalités, artistes, sportifs, intellectuels et personnalités publiques, dont mes amis Sandrine Belier, directrice de l’ONG « Humanité et Biodiversité », Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue Protectrice des Oiseaux (LPO), Muriel Arnal de « One Voice », Pascale Joannot du Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) et Nicolas Imbert, de Green cross.

A l’occasion de « la Journée Mondiale de la Biodiversité », le 22 mai 2020, le Collectif a publié une Tribune dans le journal « Le Monde » expliquant que nous n’avions pas « à choisir entre la relance économique et la préservation du vivant ».

Le Monde

Cette Tribune invite les 193 Etats membres de l’ONU à déclarer l’état d’urgence environnementale et climatique. Cette requête sera renouvelée le 5 juillet prochain à l’occasion de « la Journée Mondiale de l’état d’urgence environnementale et climatique ». C’est pourquoi nous devons toutes et tous nous mobiliser à l’approche de cette date.

Avec cette tribune, nous avons lancé un « appel à l’action immédiate de tous les pays – pauvres, riches et à revenu intermédiaire – afin de promouvoir la prospérité tout en protégeant la planète. Mettre fin à la pauvreté doit aller de pair avec des stratégies qui développent la croissance économique et répondent à une série de besoins sociaux, notamment l’éducation, la santé, la protection sociale et les possibilités d’emploi, tout en luttant contre le changement climatique et la protection de l’environnement » .

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Votre objectif est la création d’une Journée mondiale de l’état d’urgence environnementale et climatique. Si l’ONU l’accepte, votre revendication s’arrête-t-elle là ?

C’est une étape importante à laquelle nous travaillons beaucoup, mais notre ambition est d’aller plus loin. Etant moi-même élue locale, je sais l’importance de mobiliser à travers les communes et en proximité, les citoyens sur cet objectif. C’est pourquoi, avec Magà, nous sommes entrés en contact avec un nombre important de maires français et africains avec lesquels nous travaillons pour leur proposer d’adopter une résolution et un plan d’action dans leur commune. Nous invitons les maires nouvellement élus en France à s’engager dès le début de leur mandat.

Nous aurions pu croire qu’avec la pandémie et le confinement général de la population mondiale nous règlerions durant un temps la question des émission de CO2. L’analyse publiée le 19 mai 2020 par la revue Nature Climate Change a montré que cela n’était pas le cas. En effet, durant cette période, les émissions de CO2 n’ont été ramenées qu’au niveau de 2006. Cela doit plus que jamais nous engager à agir à tous les niveaux : au niveau des Etats, des communes  et de citoyens.

Version 2

Cette journée est-elle uniquement axée sur la lutte pour le climat ou envisagez-vous de vous mobiliser aussi en faveur de la biodiversité ?

Environnement et biodiversité sont intimement liés. Il ne faut pas les opposer. La biodiversité fournit des services indispensables à la fois pour s’adapter aux effets du changement climatique (les zones humides constituent une protection naturelle contre les inondations par exemple, la végétation permet d’améliorer localement la quantité et la qualité de l’eau, les espaces verts permettent d’améliorer le micro climat et la qualité de l’air dans les villes, etc.) et pour atténuer les changements climatiques, grâce notamment à l’absorption de CO2 par les écosystèmes marins et terrestres.

Dans le même temps cette biodiversité est directement menacée par les changements climatiques. Jusqu’il y a peu, c’était surtout la réduction, le morcellement ou la disparition des habitats naturels qui étaient les principaux responsables de la perte de biodiversité. Aujourd’hui le réchauffement du climat pourrait bien devenir la principale cause de disparition des espèces d’ici la fin du 21e siècle.

Maud Lelièvre act now 3Vous êtes candidate au Conseil international de l’UICN (qui se réunira en France en janvier 2021), quelles sont vos priorités si vous êtes élue ?

Ma candidature est celle d’une militante de la protection de la nature, formée au droit de l’environnement, engagée professionnellement dans l’action internationale tout en étant ancrée dans son territoire en étant élue locale.

J’espère, avec ces expériences, apporter une nouvelle impulsion à l’UICN.

Les catastrophes écologiques ont fait progresser la prise de conscience de l’opinion publique. Une nouvelle génération réclame son droit à exister dans un monde préservé et à préserver ce monde. Comment ne pas entendre son appel ? Notre responsabilité est de nous tenir à ses côtés. Le moment est venu de faire porter suffisamment notre voix, de convaincre l’ensemble des Etats de préparer et d’appliquer des stratégies en matière de conservation et de diversité biologique. Finalement tout cela est un même combat, fondé sur la conscience qu’il faut agir vite et concrètement.

[1] https://actnowcollectif.wordpress.com/nous-devons-declarer-letat-durgence-environnemental-et-climatique/

Version 2

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