Maryse Condé et Nathaly Coualy dans le cadre de la Journée Mondiale de l’Etat d’Urgence Environnemental et Climatique

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Maryse Condé, née à Pointe-à-Pitre, est une journaliste, professeure de littérature et écrivaine d’expression française, « guadeloupéenne indépendantiste » ainsi qu’elle l’a toujours revendiqué. Elle est l’auteure d’une œuvre conséquente de renommée mondiale. Nathaly Coualy est actrice, auteur et metteur en scène française, née à la Guadeloupe, elle est fait partie des membres actifs du collectif ACT NOW. Maryse Condé a adapté au théâtre son roman « Désirada » pour Nathaly Coualy. Une amitié profonde lie les deux femmes.

Nathaly Coualy : Quand je t’ai demandé si tu voulais bien signer la  Tribune pour Le Monde du Collectif Act Now, concernant  la Journée Mondiale de L’ETAT D’URGENCE ENVIRONNEMENTAL ET CLIMATIQUE, le 5 Juillet, tu n’as m’as tout de suite répondu : « Oui. C’est une bonne cause. Pourtant, les gens de ma génération ne sont pas très écolos car nous étions occupés à dénoncer la colonisation et le racisme ».

Cette phrase m’a profondément touchée.  Parce qu’il est vrai qu’il y a un rapport très fort entre les discriminations raciales et les discriminations environnementales. C’est bien aussi ce que défend le collectif Act Now. On fait saigner cette nature comme a fait saigner les hommes. Quand elle ne veut pas se plier on la contraint…

Maryse Condé: Ce que tu dis est la vérité, mais alors nous ne le savions pas. Nous étions horrifiés parce que les Découvreurs avaient exterminés les Amérindiens aux Antilles. Cependant, nous ne réalisions pas qu’en même temps ils exterminaient des peuples qui connaissaient les secrets de la Nature des pays où ils vivaient, les richesses et les moyens de les protéger. C’était un double crime dont nous ne voyions qu’une facette.

Maryse_Condé-Nathaly_Coualy-DorlisNathaly Coualy : A ton avis, est ce que le Coronavirus, Covid19 ne serait pas un signe de la nature? Quand on voit les manifestations du confinements, la couleur de l’eau, les animaux dans les villes et villages, les poissons, les dauphins qui réapparaissaient et qui déjà se refont à nouveau discret ….

Maryse Condé : Je ne sais pas. Mais j’ai été impressionnée par la manière dont les animaux, les plantes reprenaient vie et envahissaient l’espace qui autrefois était réservé aux hommes. On aurait dit une recolonisation nouvelle.

Nathaly Coualy : Maryse, comment imagines tu la suite? Question environnementale ou humaine, comment vois-tu cette suite, dans sa version la plus poétique ou dans sa version la plus dramatique?

Maryse Condé : Je pense que les gens comme moi écouteront davantage la voix de la Nature et serons plus sensibles à sa présence. Des écailles tombent de nos yeux comme Saul sur le chemin de Damas.

Nathaly Coualy : Quel est ton mot de la fin pour cette journée du 5 Juillet, appelée à devenir un rdv annuel mondial

Maryse Condé : Bon vent, bon courage

crédit photo: Dorlis

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